vendredi, 06 mars 2009

DEPENALISATION DE LA FEUILLE DE COCA

Lettre du collectif national de solidarité avec la Bolivie aux Nations Unies
Demande de dépénalisation de la culture de la feuille de coca

Les 11-12-13 mars prochain la mission des Nations Unies sur la drogue se prononcera sur la question de la légalisation de la culture de la feuille de coca.

Le Collectif National de Solidarité avec la Bolivie souhaite attirer votre attention sur cette question, d'une grande importance non seulement pour la Bolivie mais aussi pour tous les pays andins.

La nouvelle Constitution approuvée le 25 janvier 2009 par le peuple bolivien avec plus de 63% des voix doit servir pour que les représentants réunis à Vienne reconsidèrent leur point de vue concernant la coca. En effet, l'article 384 stipule :

«L'Etat protège la feuille de coca originaire et ancestrale comme patrimoine culturel, ressource naturelle renouvelable de la biodiversitéde la Bolivie et comme facteur de cohésion sociale; dans son état naturel elle n'est pas un stupéfiant. La revalorisation, production, commercialisation et industrialisation seront régis par la loi».

La feuille de coca n'est pas la cocaïne, pas plus que le raisin n'est le vin ou la prune, la pomme n'est l'alcool. Rappelons que «Coca cola» est un des plus gros utilisateurs de la feuille de coca pour la fabrication de sa boisson!

La cocaïne représente moins de 1% des 14 alacaloïdes pouvant être extraits de la feuille de coca (dont l'atropine, la papaïne, la globuline, la pectine, la codéïne, l'insuline). Pour que la feuille de coca devienne de la cocaïne, il faut utiliser 41 produits chimiques nécessaires pour séparer la cocaïne de la feuille, 41 produits fabriqués par les pays du nord et sans lesquels le marché de la cocaïne serait impossible.

Les études scientifiques menées depuis les années 70 ont prouvé l'innocuité de la feuille de coca à l'état naturel. Utilisée à des fins thérapeutiques et culturelles par les peuples andins depuis des milliers d'années, comme en témoignent les vestiges à Valdivia en Equateur ou ceux des tombes de Huanco Prieto dans le nord du Pérou, la feuille de coca ne comporte aucun risque d'affecter le système nerveux, le système digestif hydrolisant le peu de cocaïne contenue dans la feuille de coca et libérée lors de sa mastication. Elle a été utilisée par les Incas comme anesthésiant local pour des prouesses médicales telles que des trépanations cérébrales. A l'instar de l'ostie et du vin de messe pour les catholiques, elle est le symbole sacré de l'identité andine.

En 1975, une étude réalisée par l'université de Harvard démontre valeur nutritionnelle de la feuille de coca, comparable à des aliments comme la quinoa, la cacahuète ou le blé. le rapport des chercheurs avait même conclu qu'elle pouvait être classée parmi les meilleurs aliments du monde. La coca est riche en calcium indispensable pour les petits enfants, pour les femmes qui allaitent et les personnes âgées, sans les risques d'allergies ou d'intolérance que peuvent avoir les produits laitiers. Elle contient également 16 vitamines et 16 sels minéraux. Elle est bénéfique pour diminuer les risques de cardiopathie ischémique, principale cause de décès en Amérique du nord. Elle règle l'hypo et l'hypertension artérielle, fait baisser le taux de cholestérol. La coca est utilisée dans le traitement du diabète, de l'obésité, de la maladie de Parkinston, du mal de l'altitude (soroche).

L'objectif du Président Moralès a été clairement annoncé dès son arrivée au pouvoir en 2005: permettre aux petits paysans de vivre de la commercialisation légale de la coca en les sortant du narcotrafic. La politique du gouvernement actuel bolivien suit le principe «oui à la coca, non au narcotrafic». Celle ci revêt différentes facettes : tout d'abord, intensifier le combat contre la production de cocaïne, combat qui passe par la lutte contre l'entrée sur le territoire bolivien des composants chimiques nécessaires à la transformation et par la saisie du produit fini.

La stratégie de lutte contre le narcotrafic (plan 2007-2010) prévoit de limiter à 20 000 ha la surface légale de culture de la feuille de coca soit une baisse de plus de 5000 ha par rapport à la situation existante. Le pari du Président Evo Moralès: légaliser la production de la coca afin que sa commercialisation et son utilisation soient contrôlées et échappent aux narcotrafiquants.

Sortir les petits producteurs du narcotrafic par l'industrialisation de la coca avait déjà été préconisé par le docteur Jorge Hurtado en 1983. Les deux premières usines de transformation de la coca ont été inaugurées en décembre 2006 à Lauka N et dans les Yungas de la Paz. Ces usines produisent des dérivés exportables (thés et matés de coca, cosmétiques, produits pharmaceutiques.

En octobre 2006, 22 pays membres du Parlement latino-américain et de la Communauté andine des Nations se sont prononcés en faveur de la dépénalisation de la feuille de coca, reconnaissant ses propriétés médicales et alimentaires et son caractère sacré pour les peuples andins.

Dépénaliser la culture de la feuille de coca est une question de respect et de justice vis à vis des peuples Andins. En s'inspirant de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones, de septembre 2007 (articles 8; 11; 12; 13; 15; 24 et 31), la communauté internationale doit reconnaître les avancées de la nouvelle Constitution bolivienne concernant la coca et respecter les droits culturels et historiques de tous les peuples andins.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons solennellement de vous prononcer pour la légalisation de la feuille de coca: Pourquoi interdire la culture de la coca et autoriser celle du tabac qui n'a qu'un seul usage et qui tue chaque année des millions de personnes? Pourquoi interdire la coca et autoriser la graine de pavot à usage alimentaire (fabrication de pâtisseries)? Interdire la feuille de coca sous prétexte qu'il existe la cocaïne équivaudrait à interdire celle de la vigne ou d'autres fruits sous prétexte qu'avec ces fruits on peut fabriquer de l'alcool et que l'alcool est aussi une drogue.

 

jeudi, 05 mars 2009

BOLIVIE

cocaleaves.jpgLa nouvelle Constitution de Bolivie, adoptée par le peuple le 25 janvier 2009 avec plus de 61 % de OUI apporte des modifications nouveautés importantes concernant : le pouvoir indigène, la propriété de la terre, le développement d’un modèle économique pluriel, les ressources naturelles, propriété directe et imprescriptible du peuple bolivien, la religion, la possibilité de réélection du Président et la feuille de coca qui devient «patrimoine culturel, ressource naturelle facteur de cohésion sociale La revalorisation, production, commercialisation et industrialisation de la feuille de coca qui est non stupéfiante sont régis par la Loi ».

La feuille de coca est toujours sous le régime de la Convention de 1961, signée par 200 pays (dont trois seulement connaissent réellement la feuille de coca), qui en interdit la mastication à partir de 1986. La Bolivie avait émis des réserves.

Du 11 au 13 mars prochains, la Mission des Nations Unies sur la drogue se prononcera sur la question de la législation de la culture de la feuille de coca.

Pour "sortir cette plante de sa prison", comme disnet les Andins, il faudra la signature d'au moins 100 pays. Mais, dépanaliser la culture de la feuille de coca reste fondamentalement une question de respect et de justice vis à vis de ces Peuples.


JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

La journée du 8 mars n’est pas le jour de la distribution systématique d’une fleur (de préférence une rose) à une épouse ou à une secrétaire parce que ce sont des femmes.

Le 8 mars, plus qu’une date commémorative, est une tradition qui symbolise le long processus de luttes et de revendications de millions de femmes dans le monde pour l’égalité, la justice, la paix et le développement. C’est aussi le moment de mettre en lumière le rôle primordial des femmes dans notre société, sur la scène locale, régionale, nationale et internationale que ce soit dans la quête de la justice sociale, dans la résolution des conflits, mais aussi dans le développement culturel ou le développement économique.

Il ne peut y avoir de véritable développement social sans amélioration de la condition féminine et bien que depuis un siècle, des progrès sensibles aient été réalisés, la femme n'est pas encore tout à fait l'égale de l'homme, dans aucune société. Aujourd’hui, dans le monde entier, les femmes continuent à lutter pour leur liberté et leur autonomie et contre toutes les formes de discrimination, d’oppression qu’elles subissent. N’oublions pas qu’elles exécutent deux fois plus de travaux non rémunérés que les hommes, que deux illettrés sur trois sont des femmes, que leurs problèmes de santé sont souvent négligés et que la violence dont elles font l’objet demeure l’un problèmes mondiaux majeurs.

A une époque où tous les espoirs étaient permis, la citoyenne Olympe de Gouges n’avait d’autre ambition que d’alerter l’opinion et de convaincre ses semblables de la valeur de l’engagement politique des femmes, concernées par les évènements au même titre que les hommes. Il n’y a pas si longtemps, en 1840, Claude Tiller demandait dans son pamphlet « qui a jamais vu une idée politique se loger sous un bonnet de gaze ? »  Aujourd’hui , nous sommes tous convaincus qu’il n'y a pas de véritable démocratie sans égalité des citoyens, sans participation reconnue des femmes dans l'ensemble des instances de décisions. Or, 30 % seulement des parlementaires européens sont des femmes. En France, elles ne sont que 18,5 % à l’Assemblée Nationale, 17 % au Sénat, 17% dans les Conseils Généraux et 12 % sont Maires. Nous sommes donc encore loin d’une réelle parité dans le monde politique.

On assiste depuis quelques temps à une féminisation de la précarité : les femmes sont, en effet souvent les personnes les plus touchées par les dégradations socio économiques et les effets du libéralisme qui les éloignent toujours plus de l’autonomie et de l’égalité avec les hommes. Quelques exemples parmi tant d’autres dans notre pays : 30 % des femmes salariés travaillent à temps partiel, contre 6 % pour les hommes, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 26 % à celui des hommes, le montant moyen de leur retraite est à peine supérieur à la moitié de celui des hommes.

Tant que les femmes rencontreront des difficultés à concilier vie professionnelle ou politique et vie conjugale, tant qu’une femme décèdera chaque semaine sous les coups de son concubin ou de son mari, la lutte pour la conquête de leurs droits sera toujours d’actualité.

jeudi, 26 février 2009

ANTILLES

Les médias de l'Hexagone réduisent les revendications des Antillais à une augmentation de 200 euros pour les plus bas salaires. Si la question du pouvoir d'achat est, comme dans Hexagone, une question cruciale, c'est surtout l'organisation de la société antillaise qui est profondémment remise en en question : les Guadeloupéens dénoncent, en effet, un système corrompu de domination et d’exploitation d’une majorité de la population par une minorité blanche organisée, maîtrisant la production locale, les importations et la distribution et bénéficiant de la complicieé d’un Etat qui lui accorde depuis des années avantages fiscaux sous forme d'exonérations. Ce qui est aussi mis en lumière, c’est la reconversion progressive des capitaux des descendants des grands propriétaires terriens de l'époque coloniale en acteurs économiques de premier plan, notamment au travers de la multiplication des grandes surfaces et l’existence d’une caste qui refuse de redistribuer des bénéfices pourtant largement suffisants pour soutenir les plus bas salaires.

Voici quelques documents qui peuvent éclairer nos réflexions sur le sujet :

Dossier DOM.doc